Le comité de suivi : Une nouvelle forme de pilotage pendant la thèse – bénéfice, préparation et déroulement (Anna Gvelesiani)

Conformément à l’arrêté du 25 mai 2016, tous les thésards à partir de leur 2ème réinscription en thèse en France sont concernés : Mais qu’est-ce que le comité de suivi et comment se déroule le processus pour les étudiants ?

Le travail du doctorant peut être solitaire. L’échange et le suivi professionnel aident à focaliser le fil rouge.

L’arrêté fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat“1 prévoit que tous les doctorants ont besoin d’un rapport d’un comité de suivi pour s’inscrire dans l’année universitaire suivante à partir de la deuxième réinscription en thèse. Il s’agit donc de tous ceux qui s’inscrivent en 3ème année de thèse (ou plus). L’École Doctorale concernée informe les doctorants au cours de l’année universitaire sur l’organisation du comité et distribue une fiche préparatoire à l’entretien avec le comité. Le candidat doit remplir la fiche préparatoire et la faire parvenir aux membres du comité dont les noms sont communiqués au candidat par le directeur de recherche. Les informations que donne l’étudiant sur la fiche préparatoire servent de base lors de l’entretien : il s’agit d’une courte description du sujet de thèse ainsi qu’un calendrier prévisionnel et un petit rapport d’avancement, de problèmes identifiés et de la situation d’encadrement du thésard.
Le comité de suivi consiste en deux personnes du corps enseignant de l’UFR ou deux professeurs désignés par le directeur de recherche. Le directeur de recherche informe le doctorant et établit le contact entre le comité et le candidat. Une date pour l’entretien (qui peut, également avoir lieu à distance, p.ex. par Skype) est fixée avec l’accord du comité et du candidat. Il est acceptable de mener les entretiens séparément dans le cas où un rendez-vous est impossible pour les trois participants.
L’entretien commence avec une courte présentation du sujet de thèse par le candidat. Cette présentation prend environ 10 minutes pendant lesquelles le sujet de recherche est résumé. Ensuite, les deux membres du comité posent des questions sur le sujet, les méthodes, les théories et les sources du candidat. La conversation tourne dans un premier temps autour des questions scientifiques et méthodologiques, la problématique de la thèse, les hypothèses analysées et les sources choisies et consultées. Dans un deuxième temps, les conditions de travail du candidat sont abordées : Quelle est la situation financière ? Où se trouvent les fonds d’archives à consulter ? Comment fonctionne l’encadrement par le directeur de thèse, du côté scientifique de même que du côte administratif ?  À cette étape, il est demandé au candidat de présenter son calendrier prévisionnel et d’évaluer son avancement d’une manière sincère : Le comité ne sert en aucun cas de pré-soutenance, mais d’un échange qui aide à retracer le travail qui a été réalisé et de discuter celui à venir. Il s’agit d’un pas important et riche d’enseignement, au regard notamment de la facilité avec laquelle un fil rouge peut se perdre pendant un travail de plusieurs années. Non seulement l’entretien prend pour thème la thèse de l’étudiant, mais aussi son projet professionnel et le travail qu’il fait hors de son sujet, comme la participation à des conférences, les publications et les communications scientifiques du candidat. Finalement, le thésard a l’occasion d’articuler son avis concernant l’organisation, l’encadrement et la coopération universitaire et administrative. Il s’agit généralement d’un entretien d’à peu près 30 à 45 minutes.
Le rapport de la réunion doit être présenté par le comité et transmis à l’École Doctorale vers mi-juin sans traitement ultérieur par le doctorant. Le dossier de réinscription administrative est à déposer avant la fermeture estivale de l’Université à l’École Doctorale.

Pour conclure, on constate que l’échange avec les membres du comité de suivi est avantageux sur plusieurs niveaux : Comme mentionné ci-dessus, les membres du comité font partie du monde scientifique et sont prêts à accompagner les jeunes chercheurs pendant les différentes étapes de la thèse. Ils sont à l’écoute et pourraient, dans les cas particuliers, servir d’intermédiaire si des difficultés venaient à être rencontrées. Leur rôle d’interlocuteur permet d’avoir un avis objectif et professionnel sur son travail. Le thésard bénéfice d’un échange qualifié au moins une fois par an au cours duquel il peut évaluer sa situation et son avancement.

1 L’arrêté du 25 mai 2016 sur le site Legifrance, URL: https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032587086 consulté le 7 juin 2017.

Anna Gvelesiani, Université Paris-Sorbonne